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Conférence de presse : présentation de nos propositions sur la santé reproductive

Ecologistes

Publié le 10/09/2026 — Durée : 47 min

Lors de cette conférence de presse, l’intervenante explique que, malgré la difficulté d’aborder les sujets de fond en campagne présidentielle, son mouvement a choisi de placer la santé reproductive au cœur du débat. Elle souligne que cette thématique ne concerne pas seulement les femmes, mais englobe un large éventail de pathologies souvent invisibilisées : puberté précoce, fausses couches, endométriose (une femme sur dix, errance médicale moyenne de sept ans), SOPK/SOMP, fibromes (plus fréquents chez les femmes noires), ainsi que d’autres maladies gynécologiques. Elle remercie les militantes et militants – notamment Anne Souverie, Mélissa Camara, Marie‑Charlotte Garand, la commission santé du parti et la commission féminisme – qui ont contribué à ces travaux, rappelle son propre engagement de quinze ans (notamment chez les Verts où elle a découvert l’endométriose) et insiste sur le fait que ces questions, bien que peu traitées par la classe politique, touchent une large partie de la population et méritent d’être au centre de la campagne.

L’oratrice dénonce ensuite l’exclusion systématique des femmes et des minorités de la recherche médicale, qui conduit à des traitements inadaptés et à une méconnaissance de pathologies telles que l’endométriose ou la ménopause. Elle alerte sur des réalités occultées : la chute de la fertilité masculine, la souffrance psychique postpartum (une femme sur dix en grande détresse, une sur trois concernée), le deuil périnatal et les violences obstétricales. Forte de son expérience personnelle de PMA et de grossesse pendant la campagne présidentielle, elle a rendu son parcours public pour briser le tabou et porter la voix de celles et ceux qui se sentent isolés, suscitant un élan de soutien et une demande forte d’action politique, qui a donné lieu à un travail collaboratif avec les associations pour faire avancer ces sujets dans le débat public.

Le livret présenté, le plus volumineux jamais publié, regroupe des propositions visant à mettre fin à l’angle mort de la politique de santé reproductive : il faut cesser de considérer la douleur comme normale, réduire les délais de diagnostic et placer la prévention au cœur du système de santé. L’objectif est d’élaborer un véritable plan d’action global, allant au-delà de mesures ponctuelles comme la facilitation de la PMA, afin de garantir le droit « un enfant si je veux, quand je veux, comme je veux », notamment en améliorant l’accès à la PMA dans les territoires ruraux, ultramarins et en Guyane où il fait défaut. Cette démarche s’inscrit dans une analyse féministe de la démographie qui rejette les discours alarmistes sur la « panique démographique » et rappelle que les choix individuels doivent être respectés tout en construisant une société bienveillante pour les femmes et les enfants. Enfin, la santé reproductive doit être liée à la santé environnementale : il faut cesser de responsabiliser les individus et agir collectivement contre les pollutions et les conditions de vie qui menacent la fertilité et le bien‑être des futures générations.

Marine Martin alerte sur l’impossibilité de se protéger individuellement d’une pollution environnementale omniprésente (air, eau, alimentation, contact) qui nuit à la santé reproductive, et présente deux mesures phares : un plan santé‑environnement global et l’autorisation en France du diagnostic préimplantatoire (DPI‑A) pour détecter les anomalies chromosomiques des embryons. Elle témoigne de l’absurdité de l’interdiction actuelle, qui oblige les patientes en échec de PMA à partir à l’étranger (Belgique, Espagne) pour accéder à ce dépistage, alors que 80 % des échecs d’implantation sont liés à l’embryon et non à l’utérus. Majdoulin, députée européenne, souligne l’aveuglement des institutions européennes face à la crise de l’infertilité, absente des débats sur le « réarmement démographique », et annonce avoir organisé une plénière sur l’endométriose pour faire avancer la question au niveau continental.

Le débat sur l’endométriose qui s’est tenu le 10 juillet 2025 au Parlement européen – le premier de son histoire – concerne 14 millions de femmes européennes, avec un retard moyen de diagnostic de sept ans et un coût social estimé à 30 milliards d’euros par an. Les intervenantes ont souligné le sous‑financement chronique de la recherche (seulement dix projets financés pour un total de 146 000 euros) et ont dénoncé le vote contre de l’extrême droite en commission, alors que le sujet bénéficie d’un large consensus. Elles demandent que l’endométriose soit reconnue comme maladie chronique, que le délai de diagnostic soit divisé par deux, que les professionnels de santé soient formés et que la recherche bénéficie des moyens nécessaires, tout en prévoyant des aménagements de travail pour les personnes atteintes. Le rapport d’initiative sur les inégalités de genre en santé, qui sera voté la semaine prochaine, intègre ces revendications, notamment la reconnaissance de l’endométriose comme enjeu de santé publique. Enfin, les intervenantes rappellent que la lutte pour la santé des femmes s’inscrit également dans un combat plus large contre les perturbateurs endocriniens, les pesticides et les PFAS, et citent l’exemple du Viagra, initialement développé contre l’endométriose, comme illustration du scandale du manque d’investissement dans cette pathologie.

Le texte souligne ensuite le lien étroit entre santé environnementale et santé reproductive, notamment à travers la périnatalité (les mille premiers jours) et la fermeture des maternités qui entraîne la disparition du réseau périnatal alentour. Il rappelle l’augmentation de la mortalité infantile et des cancers infantiles, liée notamment à l’exposition aux PFAS présents dans l’alimentation, les cosmétiques et l’environnement, et insiste sur la nécessité de mettre en place des registres des naissances et des cancers pour mieux suivre ces phénomènes. Il dénonce le biais de recherche qui teste les médicaments principalement sur les hommes, ce qui conduit à une sous‑détection des problèmes cardiaques chez les femmes (38 % de mortalité en plus) et à un manque de données spécifiques sur la santé féminine. Le texte évoque également la montée de la ménopause précoce, aggravée par la pollution environnementale, et appelle à une approche de santé publique : information, formation des professionnels, accès à une alimentation saine (ex. paniers de légumes pour femmes enceintes à Strasbourg) et renforcement du réseau de PMI. Enfin, il propose que ces questions deviennent un thème central d’une campagne présidentielle, en combinant recherche, prévention et politiques publiques concrètes.

L’adolescence constitue un moment décisif pour la santé reproductive : c’est le moment où l’on apprend à connaître son corps, où l’on doit détecter les douleurs menstruelles incapacitantes, les premiers signes d’endométriose ou de fibrome utérin, et où les jeunes filles issues de communautés pratiquant l’excision sont particulièrement vulnérables aux mutilations génitales pendant les vacances scolaires. En 2025, seulement 61 % des filles et 46 % des garçons de 15 ans étaient vaccinés contre le HPV, bien en dessous de l’objectif national de 80 % de couverture d’ici 2030, ce qui montre la nécessité d’une meilleure information et d’une responsabilité partagée entre les sexes. Les écologistes souhaitent faire de l’adolescence un grand rendez‑vous de santé reproductive, avec un repérage précoce des troubles du cycle, des pathologies (y compris masculines) et une éducation complète à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Ils veulent également lutter contre les violences gynécologiques et obstétricales, puisque 4 femmes sur 10 déclarent en avoir subi et 80 % rapportent un manque de consentement lors d’un examen, en proposant la reconnaissance légale de ces violences, la formation des professionnels au consentement et le faciliter le signalement des victimes. Enfin, Marion Emy, conseillère de Paris et présidente de l’association Ferté à santé, témoigne de son insuffisance ovarienne prématurée et insiste sur la nécessité d’un véritable accompagnement et de soins durant la première année du postpartum, période souvent délaissée malgré son importance pour la santé des mères.

Après l’accouchement, la femme a besoin d’un temps de récupération d’au moins un an, mais elle est souvent laissée seule face aux soins du bébé et à la réadaptation de son corps. Pour faciliter cette période, il faut développer un véritable service public d’accompagnement à domicile : davantage de sages‑femmes, d’aides‑ménagères et de personnes pouvant garder le nouveau‑né afin que la mère puisse se reposer. Un congé parental plus long et mieux rémunéré, avec une part non transférable, doit encourager le deuxième parent à partager les nuits et les tâches, favorisant ainsi l’égalité et la santé de la mère. Parallèlement, il est essentiel de prendre en compte la santé reproductive masculine, qui subit un déclin lié à des facteurs environnementaux (chaleur, polluants) et qui doit être abordée dès l’adolescence grâce à une formation continue des professionnels de santé. Enfin, former dès le plus jeune âge et tout au long de la carrière les acteurs de la santé permettra de mieux prévenir, diagnostiquer et soigner les problèmes liés à la reproduction chez les femmes et les hommes.

Le livret se présente comme un contre‑modèle aux politiques natalistes de l’extrême droite, qui cherchent à répondre à une prétendue panique démographique sans succès (ex. : la hausse des natalités en Hongrie sous Viktor Orban reste nulle malgré des milliards d’euros investis). Il propose avant tout une grande liberté reproductive : la société doit s’adapter aux corps des femmes plutôt que l’inverse, en prenant en compte leurs douleurs, en améliorant l’accès à des soins de santé reproductive de qualité et en impliquant les hommes dans cette prévention. Il entend également réduire la charge individuelle liée à l’environnement (alimentation, air, cosmétiques) en proposant, par exemple, un « dermascore » pour évaluer l’impact des produits de beauté sur la santé reproductive. Enfin, le livret vise à placer les personnes directement concernées au cœur du débat, afin de traiter réellement un sujet qui, jusqu’ici, était largement discuté sans leur participation.

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