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Conférence de presse de Marine Tondelier et Eva Sas : les gros héritages pour financer la transition

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Publié le 26/08/2026 — Durée : 20 min

Marine Tondelier et Eva Sasse ouvrent la conférence en rappelant que, malgré l’avancée de leur campagne, elles poursuivent la mobilisation autour du projet de « grande transmission » destiné à financer la « grande transition ». Elles soulignent que l’été écoulé a mis en évidence l’insuffisance des politiques publiques en matière d’atténuation (respect des accords de Paris), d’adaptation (écoles, transports, société face à +2 °C ou +3 °C) et de lutte contre les incendies, alors que la France vit en situation de surendettement écologique : nous consommons au‑delà des capacités de régénération de la planète, dépendons des énergies fossiles et subissons une dette climatique qui pèse surtout sur les moins responsables, tandis que les plus riches bénéficient d’une protection disproportionnée et paient moins d’impôts, ce qui menace le pacte social. Elles annoncent également qu’elles travailleront vendredi avec Sandra Arégol et l’interfabricole des pompiers pour proposer des mesures législatives renforçant la prévention et la lutte contre les feux.

Elles critiquent ensuite le gouvernement actuel, qui ne dispose ni d’un plan crédible ni des moyens financiers nécessaires pour lutter efficacement contre les incendies et le dérèglement climatique, comme l’ont montré l’annulation des commandes de Canadair, la suppression du projet de base de protection civile dans les Landes et les incessants revirements de MaPrimeRénov’ et du fonds vert (divisé par quatre en deux ans). Les justifications invoquant le coût élevé de l’écologie sont contredites par les estimations économiques selon lesquelles l’inaction climatique coûterait au moins cinq fois plus cher que l’action, en raison des pertes liées aux feux, sécheresses, inondations et impacts sur la santé et l’économie. La réponse rapide et massive à l’invasion de l’Ukraine montre que, lorsque l’essentiel est menacé, les moyens sont débloqués sans préalable calcul de coût ; une logique similaire devrait s’appliquer au climat, qui constitue une menace existentielle pour la sécurité, la souveraineté, l’alimentation, la santé et l’habitabilité du territoire, et donc la capacité de mener toutes les autres politiques publiques. L’écologie n’est donc pas une simple politique sectorielle mais la condition même de notre existence, de notre liberté et de la réussite de toutes les autres batailles.

Dans cette optique, elles demandent un rendez‑vous à Matignon afin de réunir toutes les forces politiques et de définir, après des décennies d’inaction, un budget 2027 répondant aux besoins de protection des Français. Ce budget porterait sur trois sécurités : le renforcement des services publics et du modèle social (sécurité sociale), l’augmentation du budget de la défense (+6,4 milliards d’euros, soit +11 % grâce à la loi de programmation militaire) et un financement de la transition écologique au moins équivalent à celui de la défense. Elles prévoient notamment 10 milliards d’euros pour le climat dès 2027, complétés par des moyens annuels pour l’adaptation, tout en dénonçant l’inefficacité des aides actuelles (187 milliards d’euros aux entreprises, dont 80 % vont aux 20 % d’agriculteurs les plus riches) et les 8 milliards d’euros de dépenses fiscales néfastes au climat présentes dans le « budget vert ». Pour rendre la fiscalité plus redistributive et efficace, elles proposent :

* une TVA écologique à 20 % sur les biens et services à fort impact environnemental (notamment le trafic aérien) et une réduction à 5‑5,5 % pour le train, le bio et les services de réparation ;
* le conditionnement des aides à l’emploi à la dynamique salariale et à l’impact environnemental ;
* une « contribution générations futures » portant sur les 1 % des héritages les plus élevés (10 % au‑delà de 4 M€, plus 10 % supplémentaires au‑delà de 13 M€) afin de financer la transition écologique, estimée à environ 10 milliards d’euros par an dès 2027 ;
* le resserrement du dispositif Dutreil, la taxation des plus‑values latentes et la suppression des niches fiscales sur les successions, ce qui pourrait rapporter jusqu’à 15 milliards d’euros en régime de croisière.

Deux priorités budgétaires pour 2027 sont avancées : un plan de rénovation thermique des écoles (2 milliards d’euros financés par l’État et autant par les collectivités) et le doublement de la taxe sur les contrats d’assurance affectée à la sécurité civile afin de renforcer les moyens des pompiers face aux incendies et aux inondations. Elles insistent sur le fait que seules les très grandes fortunes seraient concernées par ces mesures, sans toucher à la majorité des héritages, afin d’éviter que la France ne devienne une société d’héritiers tout en répondant aux besoins de défense et d’écologie.

Enfin, elles laissent à Eva Sasse le soin de détailler les prévisions de recettes et de dépenses, rappelant que dix ans de macronisme ont fait passer le déficit de 2,6 % à 5,1 % et que les charges de la dette s’élèvent à 74 milliards d’euros, limitant la capacité d’action. Elles concluent en affirmant que retrouver des marges de manœuvre fiscales (environ 62 milliards d’euros de recettes perdues sous le macronisme) est indispensable pour lutter simultanément contre les inégalités et le dérèglement climatique, et que la « grande transmission » constitue le levier financier permettant de concilier défense, transition écologique et justice sociale.

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