Marine Tondelier : "la hausse du prix de l'essence crée un délitement social' (BFM TV)
Ecologistes
Publié le 18/09/2026 — Durée : 21 min
Marine Tondelier, candidate à l’élection présidentielle et secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts, a été conviée par le président Emmanuel Macron à un entretien avec les chefs de parti pour faire le point sur les tensions internationales et leurs répercussions sur le quotidien des Français. Le contexte est marqué par une flambée des prix du carburant, le gasoil et l’essence approchant les 3 € le litre à l’approche de Noël. Selon Tondelier, la dépendance au pétrole, identifiée dès le rapport du Club de Rome en 1972, a créé une vulnérabilité énergétique et un « surendettement climatique » qui pèse sur les ménages, les entreprises et les collectivités. L’aide d’urgence de 100 € destinée aux « gros rouleurs » a été annoncée pour trois millions de Français, mais seuls un million l’ont réellement perçue, faute d’information et de procédures complexes, alors que près de 30 % de la population vit en précarité de mobilité. La ministre du Commerce a prolongé ce dispositif au‑delà du 30 septembre, mais Tondelier le juge largement insuffisant : il ne compense ni la perte de pouvoir d’achat, ni le délitement social qui se traduit par l’abandon de vacances, d’activités sportives ou même de repas de famille. Elle propose comme mesure d’urgence la suspension temporaire des certificats d’économies d’énergie (CEE), une initiative soutenue par Michel‑Édouard Leclerc, qui permettrait de faire baisser le prix du carburant d’environ vingt centimes le litre.
Au-delà de cette réponse immédiate, le débat a mis en lumière l’insuffisance des marges de la grande redistribution. Les CEE, déjà mobilisés pour financer des projets majeurs – rénovation du plus grand four électrique de Dunkerque, installation de pompes à chaleur capables de diviser la facture énergétique des foyers – pourraient être réorientés pour alléger la facture du carburant. Les intervenants ont critiqué une fiscalité qui cible surtout les ménages modestes, alors que les grandes compagnies pétrolières affichent des bénéfices records. Ils ont proposé d’imposer 66 % des profits excédentaires de ces entreprises pour financer les mesures d’urgence, ainsi qu’une réforme de l’impôt sur les successions : augmenter le taux à 1 % au‑delà de trois millions d’euros et à 0,1 % au‑delà de treize millions, tout en supprimant les niches successorales qui profitent aux plus riches. La réduction du « fonds vert », divisé par quatre en deux ans, a également été dénoncée, car elle a limité des aides essentielles comme MaPrimeRénov’ et freiné la transition énergétique.
Dans la perspective d’une « grande transition », les intervenants ont réclamé un financement de 10 milliards d’euros par an, puis de 15 milliards à partir de 2028 jusqu’en 2040, afin de léguer aux générations futures un modèle plus durable. Ils ont critiqué le plan gouvernemental qui prévoit de réduire les aides au logement et d’économiser 54 milliards d’euros pour atteindre un déficit de 5 %, en s’appuyant sur des « cadeaux fiscaux » coûtant chaque année 63 milliards d’euros et pénalisant les plus pauvres, tandis que les ultra‑riches restent faiblement taxés. Les nouvelles taxes ciblant les arrêts maladie, les retraités, les fonctionnaires, les étrangers et même les énergies renouvelables ont été jugées injustes et contre‑productives. Face à cet « cercle vicieux » d’austérité, les orateurs ont appelé à une mobilisation massive – marches climatiques, blocages de ronds‑points, grèves le 29 octobre, soutien aux pompiers, agriculteurs, pêcheurs et gilets jaunes – pour rétablir la justice sociale.
Parallèlement, les pêcheurs artisanaux ont exprimé leur colère face à la concurrence des grands chalutiers étrangers et aux quotas de pêche jugés inéquitables, notamment dans le cadre du programme « West Med ». La surpêche a fait disparaître 90 % des gros poissons de la mer du Nord, et les quotas actuels ne compensent pas la capacité de capture des bateaux de plus de 25 m, capables de ramener en une nuit ce qu’un petit pêcheur met une année à récolter. Depuis 2026, les normes environnementales limitent les journées de mer à 104 au lieu de 230, menaçant la viabilité des activités artisanales. Les intervenants ont insisté sur le principe d’une écologie « juste », adaptée aux responsabilités de chaque acteur, et ont appelé à une convergence des luttes entre écologistes, agriculteurs et pêcheurs, rappelant que les décisions réglementaires ne sont pas le fruit des propositions écologistes mais de politiques plus larges.
Enfin, le discours a dénoncé la superficialité d’un « tout le monde devient écologiste » depuis l’été, perçu comme une compétition de visibilité plutôt que d’engagement réel. Le plan d’adaptation de 7 milliards d’euros présenté en juin a été jugé insuffisant, tout comme les propositions d’Édouard Philippe. Les critiques ont souligné que même des spécialistes comme Jean‑Marc Jancovici ne se reconnaissent pas dans les positions du parti, et que d’autres acteurs (chasseurs, agriculteurs, même certains responsables politiques) se revendiquent écologistes. L’appel final de Tondelier et de ses alliés est clair : il faut dépasser les discours et les ironies, mettre en place des mesures fortes, rapides et correctement financées, et unir les différentes luttes pour faire avancer réellement les enjeux environnementaux et sociaux.
Au-delà de cette réponse immédiate, le débat a mis en lumière l’insuffisance des marges de la grande redistribution. Les CEE, déjà mobilisés pour financer des projets majeurs – rénovation du plus grand four électrique de Dunkerque, installation de pompes à chaleur capables de diviser la facture énergétique des foyers – pourraient être réorientés pour alléger la facture du carburant. Les intervenants ont critiqué une fiscalité qui cible surtout les ménages modestes, alors que les grandes compagnies pétrolières affichent des bénéfices records. Ils ont proposé d’imposer 66 % des profits excédentaires de ces entreprises pour financer les mesures d’urgence, ainsi qu’une réforme de l’impôt sur les successions : augmenter le taux à 1 % au‑delà de trois millions d’euros et à 0,1 % au‑delà de treize millions, tout en supprimant les niches successorales qui profitent aux plus riches. La réduction du « fonds vert », divisé par quatre en deux ans, a également été dénoncée, car elle a limité des aides essentielles comme MaPrimeRénov’ et freiné la transition énergétique.
Dans la perspective d’une « grande transition », les intervenants ont réclamé un financement de 10 milliards d’euros par an, puis de 15 milliards à partir de 2028 jusqu’en 2040, afin de léguer aux générations futures un modèle plus durable. Ils ont critiqué le plan gouvernemental qui prévoit de réduire les aides au logement et d’économiser 54 milliards d’euros pour atteindre un déficit de 5 %, en s’appuyant sur des « cadeaux fiscaux » coûtant chaque année 63 milliards d’euros et pénalisant les plus pauvres, tandis que les ultra‑riches restent faiblement taxés. Les nouvelles taxes ciblant les arrêts maladie, les retraités, les fonctionnaires, les étrangers et même les énergies renouvelables ont été jugées injustes et contre‑productives. Face à cet « cercle vicieux » d’austérité, les orateurs ont appelé à une mobilisation massive – marches climatiques, blocages de ronds‑points, grèves le 29 octobre, soutien aux pompiers, agriculteurs, pêcheurs et gilets jaunes – pour rétablir la justice sociale.
Parallèlement, les pêcheurs artisanaux ont exprimé leur colère face à la concurrence des grands chalutiers étrangers et aux quotas de pêche jugés inéquitables, notamment dans le cadre du programme « West Med ». La surpêche a fait disparaître 90 % des gros poissons de la mer du Nord, et les quotas actuels ne compensent pas la capacité de capture des bateaux de plus de 25 m, capables de ramener en une nuit ce qu’un petit pêcheur met une année à récolter. Depuis 2026, les normes environnementales limitent les journées de mer à 104 au lieu de 230, menaçant la viabilité des activités artisanales. Les intervenants ont insisté sur le principe d’une écologie « juste », adaptée aux responsabilités de chaque acteur, et ont appelé à une convergence des luttes entre écologistes, agriculteurs et pêcheurs, rappelant que les décisions réglementaires ne sont pas le fruit des propositions écologistes mais de politiques plus larges.
Enfin, le discours a dénoncé la superficialité d’un « tout le monde devient écologiste » depuis l’été, perçu comme une compétition de visibilité plutôt que d’engagement réel. Le plan d’adaptation de 7 milliards d’euros présenté en juin a été jugé insuffisant, tout comme les propositions d’Édouard Philippe. Les critiques ont souligné que même des spécialistes comme Jean‑Marc Jancovici ne se reconnaissent pas dans les positions du parti, et que d’autres acteurs (chasseurs, agriculteurs, même certains responsables politiques) se revendiquent écologistes. L’appel final de Tondelier et de ses alliés est clair : il faut dépasser les discours et les ironies, mettre en place des mesures fortes, rapides et correctement financées, et unir les différentes luttes pour faire avancer réellement les enjeux environnementaux et sociaux.
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