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Grand entretien avec Mami Watta | #Amfis2026

France Insoumise

Publié le 24/08/2026 — Durée : 42 min

**Mami Wata, figure emblématique du drag queer francophone, a fait une entrée triomphale lors du Grand entretien #Amfis2026, saluée par le collectif des Insoumis qui se revendique anti‑royauté et « Team Robespierre ». Artiste drag originaire de Côte d’Ivoire, elle a percé dans la deuxième saison de *Drag Race* (2023) avant de décrocher le titre de *Drag Race au Star* en 2025. Son nom, emprunté à l’esprit d’eau ambivalent présent dans les mythes africains, symbolise la réappropriation des traumatismes subis durant son enfance catholique, où les comportements « efféminés » étaient réprimés. Le drag devient ainsi pour elle un espace de libération où se conjuguent dessin, danse et scène.

Le parcours de Mami Wata s’inscrit dans une longue lignée historique : du théâtre élisabéthain où les hommes jouaient les rôles féminins, en passant par le « to‑drag » de William Dorsey Swan, jusqu’aux cabarets français du début du XXᵉ siècle, le drag a toujours servi de vecteur d’émancipation. En Côte‑Ivoire, elle a d’abord découvert le drag en secret, puis, grâce à des médias queer comme « ISIS Burning », a trouvé une communauté clandestine où les personnes racisées et queer pouvaient s’exprimer. Son arrivée en France a été marquée par l’intégration rapide à la scène ballroom, un univers né à New York dans les années 1980 parmi les communautés afro‑latines et trans. Le ballroom, avec ses catégories codifiées (voguing, realness, face, etc.), offre un cadre de célébration de la différence et a largement influencé la culture mainstream (vocabulaire tel que « slay », « shades », etc.). Mami Wata insiste sur le fait que ces espaces ne doivent pas être appropriés : ils doivent rester organisés et animés par leurs propres acteurs.

Participer à *Drag Race* représente pour de nombreuses queens un rêve, tant la franchise offre visibilité et portée mondiale. Mami Wata a découvert l’émission lors de ses saisons 7‑8, s’y est identifiée et, malgré les contraintes financières et académiques, a décidé de concourir à la deuxième saison française. Elle souligne les inégalités budgétaires qui frappent la communauté : certains artistes disposent de budgets de plusieurs dizaines de milliers d’euros, tandis que d’autres, plus jeunes ou moins établis, doivent se contenter de moyens très limités. Le succès dépend alors non seulement du talent, mais aussi du « village » de soutien (réseaux, aides matérielles, accompagnement psychologique). Face aux coupes budgétaires publiques qui menacent les scènes locales, elle plaide pour la création d’une structure nationale queer garantissant financements, soins médicaux et soutien mental, afin d’éviter que le drag ne devienne un espace élitiste ou masculinisé.

Enfin, Mami Wata porte haut les couleurs de son héritage ivoirien. Elle a conçu des tenues pour la deuxième saison d’un spectacle en collaboration avec ses parents et les habitants de son village, des créations qui incarnent son identité ethnique et culturelle. Un shooting photo à Barbès, dédié à la diaspora africaine, a permis de partager cette richesse avec un public plus large, malgré la tension ressentie lors de la séance. Elle a également lancé le spectacle de stand‑up « Je vous salue mamie », où humour et témoignage se mêlent pour aborder enfance, thérapie et identité queer. La tournée, prévue à Paris puis dans le reste de la France, invite le public à découvrir son parcours, son art et son engagement pour une communauté queer solidaire et diversifiée.

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