« Quelle politique énergétique pour la France libre ? » Thonon 01/02/2025
Les Patriotes
Publié le 14/09/2026 — Durée : 44 min
**Résumé global de la conférence « Quelle politique énergétique pour la France libre ? » (Thonon, 1 février 2025)**
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### 1. Contexte et objectifs de la rencontre
Les organisateurs ont d’abord remercié Patrick Garanty, référent de la Haute‑Savoie, pour son animation et la coopération avec les équipes locales, les services départementaux et même la Suisse. Face à une forte affluence, ils ont invité les participants à enrichir les cahiers de projets énergétiques afin de nourrir les propositions du mouvement « France Libre ».
### 2. Le marché européen de l’électricité : un mécanisme inadapté à la France
- **Origine du problème** : le marché libéralisé des années 1990‑2000 fixe les prix à partir de la dernière unité de production disponible, aujourd’hui les centrales à gaz.
- **Conséquences** : lors de la crise ukrainienne (2022), le prix du MWh est passé de 85 € à plus de 1 000 €, alors que 65 % de l’électricité française provient du nucléaire et moins de 5 % du gaz. Le tarif du gaz, donc, ne reflète pas le mix énergétique français, créant une volatilité excessive et pénalisant les consommateurs.
- **Absence de réforme structurelle** : malgré les promesses de « reform », aucune modification concrète du cadre n’a été mise en œuvre.
### 3. Les « contracts for difference » (CFD) : une solution illusoire
Le modèle CFD propose de fixer un prix de référence (ex. 80 €/MWh) et d’ajuster les flux financiers entre fournisseurs et État selon les écarts de marché. En pratique, les hausses sont répercutées sur les factures des ménages, tandis que les éventuels remboursements restent dans les caisses publiques, ne profitant jamais directement aux consommateurs. Cette mécanique accentue les factures et fragilise la compétitivité nationale.
### 4. Coûts d’une transition vers les énergies intermittentes
- **Investissements requis** : pour couvrir les pointes de consommation avec un mix où 40 % provient d’énergies intermittentes, la France aurait besoin d’environ 450 milliards d’euros de centrales thermiques d’appoint.
- **Augmentation du volume d’ajustement** : il passe de 5 % (mix nucléaire quasi‑exclusif) à 40 % aujourd’hui, renforçant la dépendance au gaz et au marché spot, dont les prix explosent sous l’effet des sanctions et de la rareté.
- **Financiarisation du marché** : une cinquantaine de grands traders opèrent dans l’opacité, créant une forme de féodalité sur un bien commun.
### 5. Pressions européennes sur le secteur hydroélectrique
Depuis 2015 (renouvelé en 2019), l’UE oblige la France à mettre en concurrence les concessions des barrages hydroélectriques, sous peine d’astreintes pouvant dépasser 700 000 € par jour. Cette mise en concurrence viserait surtout les installations les plus rentables, menaçant le contrôle d’EDF sur ses huit barrages majeurs, la viabilité des petites centrales et la production d’énergie bas carbone. Le contentieux devant la Cour de justice de l’UE reste ouvert et pourrait entraîner de lourdes sanctions financières ainsi qu’un retard des investissements nécessaires à la sûreté du parc hydraulique.
### 6. Affaiblissement d’EDF et risques de privatisation
- **Contraintes législatives** : la loi Nord et la réduction de 30 % du cash‑flow d’EDF limitent ses capacités d’investissement dans les renouvelables, le rendant dépendant de capitaux étrangers, notamment américains (ex. BlackRock dans Total).
- **Menace à la souveraineté** : la présence d’investisseurs étrangers dans le capital d’EDF serait, selon les intervenants, un danger pour l’indépendance énergétique française.
- **Stratégie allemande** : l’Allemagne utilise les règles européennes pour favoriser ses propres énergies renouvelables (éolien, solaire) tout en maintenant le charbon, affaiblissant ainsi le nucléaire français et créant une guerre économique.
### 7. Dépendance à l’égard de l’Allemagne dans le renouvelable
- **Fabrication et exploitation** : 65 % des éoliennes installées en France sont fabriquées en Allemagne et 45 % des parcs éoliens sont détenus par des groupes allemands.
- **Décisions politiques** : la fermeture de la centrale de Fessenheim (2020) aurait été influencée par la pression allemande, alors que la France visait à réduire la part du nucléaire à 50 % de son mix.
- **Absence de vision cohérente** : les messages contradictoires du président Macron (promesse de réduction du nombre de centrales, puis revirement) illustrent le manque de stratégie claire.
### 8. Proposition d’un modèle « à la française »
- **Sortie du marché commun** : le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne permet à la France de se retirer du marché européen de l’électricité et de rétablir EDF comme unique producteur‑transporteur. Cette sortie, bien que politiquement difficile, permettrait de ramener les prix à des niveaux comparables à ceux de l’Allemagne.
- **Renforcement du nucléaire** : le nucléaire représente déjà 65 % du mix électrique français et pourrait atteindre 75‑80 % en complétant l’hydraulique et en conservant quelques centrales d’appoint (fioul/gaz). La France possède des stocks d’uranium suffisants pour deux ans de consommation naturelle (et jusqu’à 80 ans avec le recyclage) et joue un rôle central dans l’enrichissement et la réexportation.
- **Retrait des éoliennes** : l’arrêt immédiat du développement éolien, combiné à une filière de récupération des matériels, créerait des milliers d’emplois sur une décennie, réduirait les coûts énergétiques et limiterait la corruption liée aux marchés de l’énergie.
### 9. Conclusion et appel à l’action
Les intervenants ont souligné que la remise en main du secteur énergétique comme bien commun, au-delà de la simple régulation des prix, est indispensable pour protéger les ménages et les entreprises des dérives du marché. Ils ont invité les participants à poursuivre les échanges avec les experts présents (Geoffrey et Jacques‑Éric) et ont rappelé que la dérogation accordée à une « péninsule énergétique » par la Commission européenne ne constitue pas une souveraineté durable, puisqu’elle dépend d’une décision politique susceptible de changer.
En résumé, la conférence a plaidé pour une sortie du cadre européen libéralisé, le rétablissement d’un monopole public national (EDF) capable de garantir la sécurité d’approvisionnement, la reconquête du nucléaire comme pilier de la souveraineté énergétique, et la mise en garde contre les pressions extérieures (Allemagne, grands traders, institutions européennes) qui menacent l’indépendance et la compétitivité de la France.
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### 1. Contexte et objectifs de la rencontre
Les organisateurs ont d’abord remercié Patrick Garanty, référent de la Haute‑Savoie, pour son animation et la coopération avec les équipes locales, les services départementaux et même la Suisse. Face à une forte affluence, ils ont invité les participants à enrichir les cahiers de projets énergétiques afin de nourrir les propositions du mouvement « France Libre ».
### 2. Le marché européen de l’électricité : un mécanisme inadapté à la France
- **Origine du problème** : le marché libéralisé des années 1990‑2000 fixe les prix à partir de la dernière unité de production disponible, aujourd’hui les centrales à gaz.
- **Conséquences** : lors de la crise ukrainienne (2022), le prix du MWh est passé de 85 € à plus de 1 000 €, alors que 65 % de l’électricité française provient du nucléaire et moins de 5 % du gaz. Le tarif du gaz, donc, ne reflète pas le mix énergétique français, créant une volatilité excessive et pénalisant les consommateurs.
- **Absence de réforme structurelle** : malgré les promesses de « reform », aucune modification concrète du cadre n’a été mise en œuvre.
### 3. Les « contracts for difference » (CFD) : une solution illusoire
Le modèle CFD propose de fixer un prix de référence (ex. 80 €/MWh) et d’ajuster les flux financiers entre fournisseurs et État selon les écarts de marché. En pratique, les hausses sont répercutées sur les factures des ménages, tandis que les éventuels remboursements restent dans les caisses publiques, ne profitant jamais directement aux consommateurs. Cette mécanique accentue les factures et fragilise la compétitivité nationale.
### 4. Coûts d’une transition vers les énergies intermittentes
- **Investissements requis** : pour couvrir les pointes de consommation avec un mix où 40 % provient d’énergies intermittentes, la France aurait besoin d’environ 450 milliards d’euros de centrales thermiques d’appoint.
- **Augmentation du volume d’ajustement** : il passe de 5 % (mix nucléaire quasi‑exclusif) à 40 % aujourd’hui, renforçant la dépendance au gaz et au marché spot, dont les prix explosent sous l’effet des sanctions et de la rareté.
- **Financiarisation du marché** : une cinquantaine de grands traders opèrent dans l’opacité, créant une forme de féodalité sur un bien commun.
### 5. Pressions européennes sur le secteur hydroélectrique
Depuis 2015 (renouvelé en 2019), l’UE oblige la France à mettre en concurrence les concessions des barrages hydroélectriques, sous peine d’astreintes pouvant dépasser 700 000 € par jour. Cette mise en concurrence viserait surtout les installations les plus rentables, menaçant le contrôle d’EDF sur ses huit barrages majeurs, la viabilité des petites centrales et la production d’énergie bas carbone. Le contentieux devant la Cour de justice de l’UE reste ouvert et pourrait entraîner de lourdes sanctions financières ainsi qu’un retard des investissements nécessaires à la sûreté du parc hydraulique.
### 6. Affaiblissement d’EDF et risques de privatisation
- **Contraintes législatives** : la loi Nord et la réduction de 30 % du cash‑flow d’EDF limitent ses capacités d’investissement dans les renouvelables, le rendant dépendant de capitaux étrangers, notamment américains (ex. BlackRock dans Total).
- **Menace à la souveraineté** : la présence d’investisseurs étrangers dans le capital d’EDF serait, selon les intervenants, un danger pour l’indépendance énergétique française.
- **Stratégie allemande** : l’Allemagne utilise les règles européennes pour favoriser ses propres énergies renouvelables (éolien, solaire) tout en maintenant le charbon, affaiblissant ainsi le nucléaire français et créant une guerre économique.
### 7. Dépendance à l’égard de l’Allemagne dans le renouvelable
- **Fabrication et exploitation** : 65 % des éoliennes installées en France sont fabriquées en Allemagne et 45 % des parcs éoliens sont détenus par des groupes allemands.
- **Décisions politiques** : la fermeture de la centrale de Fessenheim (2020) aurait été influencée par la pression allemande, alors que la France visait à réduire la part du nucléaire à 50 % de son mix.
- **Absence de vision cohérente** : les messages contradictoires du président Macron (promesse de réduction du nombre de centrales, puis revirement) illustrent le manque de stratégie claire.
### 8. Proposition d’un modèle « à la française »
- **Sortie du marché commun** : le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne permet à la France de se retirer du marché européen de l’électricité et de rétablir EDF comme unique producteur‑transporteur. Cette sortie, bien que politiquement difficile, permettrait de ramener les prix à des niveaux comparables à ceux de l’Allemagne.
- **Renforcement du nucléaire** : le nucléaire représente déjà 65 % du mix électrique français et pourrait atteindre 75‑80 % en complétant l’hydraulique et en conservant quelques centrales d’appoint (fioul/gaz). La France possède des stocks d’uranium suffisants pour deux ans de consommation naturelle (et jusqu’à 80 ans avec le recyclage) et joue un rôle central dans l’enrichissement et la réexportation.
- **Retrait des éoliennes** : l’arrêt immédiat du développement éolien, combiné à une filière de récupération des matériels, créerait des milliers d’emplois sur une décennie, réduirait les coûts énergétiques et limiterait la corruption liée aux marchés de l’énergie.
### 9. Conclusion et appel à l’action
Les intervenants ont souligné que la remise en main du secteur énergétique comme bien commun, au-delà de la simple régulation des prix, est indispensable pour protéger les ménages et les entreprises des dérives du marché. Ils ont invité les participants à poursuivre les échanges avec les experts présents (Geoffrey et Jacques‑Éric) et ont rappelé que la dérogation accordée à une « péninsule énergétique » par la Commission européenne ne constitue pas une souveraineté durable, puisqu’elle dépend d’une décision politique susceptible de changer.
En résumé, la conférence a plaidé pour une sortie du cadre européen libéralisé, le rétablissement d’un monopole public national (EDF) capable de garantir la sécurité d’approvisionnement, la reconquête du nucléaire comme pilier de la souveraineté énergétique, et la mise en garde contre les pressions extérieures (Allemagne, grands traders, institutions européennes) qui menacent l’indépendance et la compétitivité de la France.