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ARRAS 2025 - Conférence : France/États-Unis, comment reprendre notre indépendance ?

Les Patriotes

Publié le 14/09/2026 — Durée : 83 min

**Résumé global de la conférence « ARRAS 2025 – France/États‑Unis, comment reprendre notre indépendance ?»**

La table‑ronde s’est ouverte sur le constat que, depuis la Libération, la France s’est progressivement placée sous l’influence dominante des États‑Unis, dont le modèle culturel, économique et militaire a façonné les élites et orienté les choix politiques français. Trois intervenants ont enrichi le débat : Caroline Galaperos, géopolitologue et dirigeante du cabinet Planeting et du think‑tank GéoPragma ; Jacques Cheminade, économiste et auteur engagé pour une refondation du système financier ; et Éric Branca, historien spécialiste du gaullisme, critique de la « guerre » américaine contre l’indépendance française.

Ils ont souligné que la transition d’une « France‑Monde » à une « France‑Europe », sous la présidence d’Ursula von der Leyen, s’est traduite par des accords commerciaux unilatéraux avec les États‑Unis (hausse de 15 % des droits de douane, accords énergétiques favorisant le GNL américain et les puces d’IA) qui renforcent une dépendance déjà ancrée depuis 1945. Cette dépendance trouve ses racines dans les projets initiés par Jean Monnet – la CECA, puis la CED avortée en 1954 à cause de fuites révélant des protocoles limitant l’autonomie militaire française – et s’est poursuivie malgré les tentatives de Charles de Gaulle de freiner le fédéralisme européen (tarif extérieur commun, politique de la chaise vide, compromis de Luxembourg). Après lui, les présidents successifs (Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Sarkozy) ont approfondi l’intégration (élection directe du Parlement européen, SME, acte unique, traité de Maastricht, retour au commandement intégré de l’OTAN), tandis que von der Leyen est accusée d’excéder les pouvoirs conférés par les traités, notamment en politique étrangère et de défense.

Sur le plan financier, Jacques Cheminade a dénoncé l’emprise du dollar et de la spéculation de Wall Street, masquée derrière des discours souverainistes ou démocratiques. Il propose de sortir de cette logique en s’alliant aux nations qui affirment leur souveraineté (Chine, Russie, Brésil, membres du SCO et des BRICS) afin de bâtir une nouvelle architecture de paix fondée sur le développement mutuel, la sécurité et l’investissement dans l’économie réelle, exemplified by the state‑linked renminbi créé en 2015. Il appelle à renouer avec une mémoire vivante, à rejeter la fiction financière et à construire un nouvel ordre de coopération mondiale où chaque nation bénéficie de la paix et du développement, conformément aux visions de Schiller, du pape Paul VI et de dirigeants comme Poutine, Jinping et Lula.

En ce qui concerne la monnaie et le crédit, les intervenants réclament la transformation de la Banque de France en une véritable banque nationale capable d’octroyer du crédit aux infrastructures physiques et aux entreprises productives, en séparant nettement les activités de dépôt/commercial de celles d’investissement spéculatif (modèle « glastégal » à la française). Ils envisagent, comme ultime recours, un Frexit ou, à défaut, une coopération renforcée entre États‑nations souverains dotés d’un droit de veto, afin de reprendre le contrôle de l’émission de crédit, de mettre fin à l’utilisation de la dette comme instrument de servitude volontaire et de soutenir la réindustrialisation française.

La question nucléaire a également été abordée : la France doit conserver la pleine souveraineté sur la décision d’emploi de l’arme nucléaire, même si une réflexion européenne sur son usage peut être envisagée. Le retour au modèle gaullien – sortie du commandement intégré de l’OTAN et expulsion des bases américaines – est présenté comme nécessaire pour préserver la liberté d’action nationale et éviter d’être entraînée dans des planifications offensives contre la Russie sans intérêt national propre. La France demeure une puissance nucléaire (environ 300 têtes) et membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU ; elle doit donc cesser de brader ses atouts stratégiques pour des avantages négligeables.

Sur le plan géopolitique, les intervenants rappellent que la France et l’Europe occidentale font partie de l’Eurasie, face à une Chine ascendante et à une Russie à la fois crainte et enviée. Un désalignement ou un poly‑alignement, fondé sur la souveraineté et l’intérêt national plutôt que sur l’idéologie, est présenté comme la voie d’une politique étrangère intelligente. Ils critiquent l’attitude néo‑impériale de l’Occident, qui a poussé l’Afrique au mépris et explique l’attractivité des BRICS. L’utilité d’un État sur la scène mondiale ne dépend pas de sa taille ou d’un alignement aveugle, mais de sa capacité à agir avec mesure, compréhension et indépendance.

Enfin, la conférence a insisté sur la nécessité d’un sursaut moral et intellectuel : retrouver le goût de l’intérêt national, du courage d’agir même lorsque cela est impopulaire, et rétablir une politique étrangère fondée sur le respect et la crédibilité. La France doit reprendre son rôle naturel de puissance d’équilibre, en s’inspirant d’exemples comme la Slovaquie ou la Hongrie, et en tirant les leçons des occasions manquées (plan Fouché de De Gaulle soutenu par l’Allemagne d’Adenauer, déclarations de Giscard d’Estaing en 1974 réduisant la France à 1 % du monde). Seul un retour à des racines profondes, à un dialogue sincère et à une volonté de coopération équitable permettra à la France de reconquérir son indépendance et de retrouver la considération internationale.

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